NO COMMENT ...

Publié le par Les ZinzinS FreE vOs LienS

Cadeau !

 

 


 

Et oui, juste histoire d' être un minimum lucide ...

 

De Christian Pélier:  "  Ultime regard "

 

 

LES EXPERTS SONT AFFIRMATIFS : NOS ANNÉES SONT COMPTÉES

 

Ainsi je suis né dans un monde qui va disparaître. Je n’y croyais pas mais tout est bien éphémère. Les paillettes dorées de ma civilisation vont être recouvertes d’un grand manteau de neige ou de sable, peut-être bien même des deux à la fois. Je n’aurai connu ni la grande Guerre ni la mort sous les drapeaux, je n’ai pas eu faim ni froid, j’ai grandi et grossi aussi bien qu’il était possible de le faire sur cette planète, à mon époque. Je ne suis ni riche ni pauvre, ni connu ni délaissé, et je vis dans la charnière d’un temps où il fait encore bon vivre, mais pas pour longtemps. Car ce que l’on me promet c’est tout simplement la fin de mon monde, juste l’Apocalypse. Tout ce que je connais de ces terres sur lesquelles mes ancêtres ont tracé leur chemin ne sera bientôt plus, on parle d’au maximum dans deux décennies. Et je me croyais éternel.

 

Dans cette surabondance de façade rien ne pouvait m’être enlevé, d’ailleurs tous mes biens sont précieusement enfermés dans mon intérieur, quelle dérision. Que rien ne pouvait atteindre à part un tsunami, il viendra, une tempête à tout casser, elle arrive, le vide des rayons alimentaires, je le verrai. Et j’ai fait des enfants qui seront aux premières loges, tristes témoins des millions de morts qui vont s’amonceller aux quatre coins de la planète, peut-être bien même disparus eux-mêmes dans le dernier déluge. Par les cieux, par les eaux, par la terre, par le feu, tout y est, Terre me promet mille supplices que Stephen King n’aurait jamais osé projeter sur nos écrans omnipotents. Voilà, c’est fini.

 

C’est pas pour tout de suite bien sûr, j’ai peut-être même le temps de me racheter, et puis le ciel est encore bleu et les oiseaux continuent à chanter, mais c’est pour dans pas longtemps, d’ailleurs j’suis déjà condamné. J’ai beau me dire que de toute façon faut bien mourir de quelque chose, j’aurais vraiment préféré du fond de mon coeur que ce soit dans la nuit étoilée d’une terre pacifiée et toute verte.

 

Me viennent quelques larmes... J’ai comme l’impression d’être assis au bord du monde et de lui dire au-revoir.

 

Ma dernière danse s’approche, monde je t’aimais...

Publié dans ART de la REFLEXION

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